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Patrick Jérémie – Vainqueur du Bédat 1986 devant Robert Alban !

Interview Patrick Dorckel-Photos archives Patrick Jérémie, Alain Rattat – Palmarès Alain Rattat (Veloquercy)-cliquer sur les photos pour agrandir

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Tout le monde connaît Patrick Jérémie derrière le comptoir de la boutique spécialisée « Matériel-Vélo » à Cournon Auvergne. Mais qui se rappelle qu’il fût un très bon coureur régional à deux doigts de passer professionnel ? Pour Veloracingnews et à quelques jours de l’ouverture de la saison cycliste avec le « Circuit des Communes de la Vallée du Bédat », Patrick retrace sa carrière sportive et sa reconversion dans un domaine où il excelle.

Veloracingnews : Présente-toi à nos lecteurs, comment es-tu venu au cyclisme ?

Je suis né le 12 août 1963 à Clermont-Fd, j’ai deux garçons de 26 et 21 ans. Après avoir touché un peu au foot et au rugby, je me dirige vers le cyclisme, que mon père avait pratiqué, en prenant ma licence en 1975 à Cournon, à La Fraternelle Amicale Cournon-Le Cendre, dirigée par Jean-Michel Gomichon et crée en 1974. En benjamins, je fais deux années sans faire de compétition. Ma première épreuve disputée, c’est en minimes à Issoire où je termine 3e.

Veloracingnews : Quels ont été tes clubs successifs ?

1975 à 1980 – La Fraternelle Amicale Cournon-Le Cendre

1981 à 1983 – Amicale Cycliste Clermontoises

1985 à 1986 – UC Sayat

1987 – ASPTT Aix-en-Provence

1988 à 1989 – CM Aubervilliers

Patrick Jérémie sous le maillot d’Aubervilliers

Veloracingnews : Quelles ont été tes premières victoires ?

En minimes, je m’impose à Ambert pour la première fois. En cadets première année, je n’ai aucun succès mais six en deuxième année. Idem en juniors, aucun succès en première année, treize en juniors 2. Le déclic s’est produit pendant les vacances scolaires. D’un entraînement par semaine le mercredi, je suis passé à presque tous les jours pendant l’été. Les résultats ne sont pas fait attendre.

Veloracingnews : Qui t’as fait progresser ?

Quand je suis arrivé à Sayat, Claude Aiguesparses, qui avait été pro, était le capitaine de route. Il m’a appris à m’entraîner dur et à courir. Tu peux engranger les kilomètres, si tu n’as pas le moteur pour récupérer, c’est la fatigue qui prend le dessus. J’étais champion du monde de ma rue, mais là il a fallu batailler ferme dans les classiques et les courses à étapes de niveau national, un autre monde. J’entamais la saison avec 3000 km, sur l’année civile. Maintenant les gars roulent dès la fin novembre. Je n’étais pas inactif l’hiver, je faisais de la musculation spécifique cyclisme et un peu de piscine.

Patrick Jérémie au Tour du Cantal dans la roue du double Champion de France Daniel Amardeilh

 

Veloracingnews : Quels ont été tes plus beaux succès ?

J’ai remporté le Tour de Corrèze 1985 devant Luc Leblanc, le Bédat, le Circuit Berrichon, Bordeaux-Saintes, le Championnat d’Auvergne sur Route, le Grand Prix Rustines très convoité, le vainqueur gagnait l’équivalent d’un mois de salaire, le Trophée de la Montagne Bourbonnaise disputé sur 180 km… Je termine 4e des Championnats de France. On était échappé avec Yves Bonnamour qui courrait pour le Comité de Bretagne, mais de nombreux Bretons pouvaient gagner et ils ont roulé sur nous. C’est Gérard Guazzini (UC Sayat) qui a tiré profit de cette lutte fratricide en endossant le maillot tricolore. Yves Hézard le DTN d’alors m’avait laissé espérer après ma victoire au Circuit Berrichon 1986, une sélection en équipe de France pour disputer la Course de la Paix, type d’épreuve qui convenait à mes qualités de rouleur ; j’attends toujours son coup de fil !

Vainqueur de Bordeaux-Saintes 1987

Veloracingnews : Parle-nous de ce Bédat 1986, des coureurs qui ont marqué ta carrière.

Le parcours était différent. On partait dans la plaine de la Limagne exposée au vent où il y avait de nombreuses bordures qui écrémaient le peloton. On revenait par la difficile côte de Châteaugay. Dans le groupe de tête, il y avait Robert Alban (3e du Tour de France 1981, 5e en 1983),redescendu amateur. Je ne t’expliques pas comment il nous a fait monter la côte de Châteaugay ! On arrive au sprint pour la gagne. Joël Haloche (UC Sayat) me lance le sprint, où je m’impose.

Le coureur qui m’a le plus impressionné c’est Bernard Hinault. Tu regardais sa musculature, pas un pouce de graisse, il était fait pour le vélo. J’ai couru aussi avec Gilbert Duclos-Lassalle dans les critériums, c’était aussi une grosse pointure. Chez les amateurs Patrick Sénisse, trop cantonné sur les courses locales, et Thierry Andrieu d’Aurillac étaient de très bons coureurs.

Robert Alban, Patrick Jérémie & Yves Bonnamour en tête du groupe dans Châteaugay

Victoire devant Alban et Monnier !

 

Veloracingnews : Quelles ont été les plus belles courses que tu as disputées ?

J’ai couru les 4 jours de Dunkerque avec l’équipe de France amateurs. Je n’avais jamais vu un pavé ! Les amateurs voulaient se faire remarquer et attaquaient à tout va ce qui ne plaisait pas à Bernard Hinault. Il est venu à hauteur d’un gars et lui a dit :  « Tu as attaqué deux fois mais il n’y en aura pas trois ». Il s’est mis en tête du peloton et on a roulé en file indienne à 45 km/h pendant une heure… J’ai fait le Tour de Yougoslavie avec les meilleurs amateurs des pays de l’Est, j’ai terminé 16e. Je me souviens d’une étape où l’on avait roulé sur une route en piteux état, détruite par un tremblement de terre qui arrivait dans une station de sport d’hiver. Dans le Tour du Vaucluse open, nous montions le Ventoux. Je roulais aux côtés Olaf Ludwig, il montait grand plateau ! Bien sûr, je disputais toutes les grandes classiques parisiennes.

Patrick Jérémie, second en partant de la gauche

Veloracingnews : Tu as été tout près de passer professionnel.

Pierre Bazzo qui dirigeait l’équipe Fagor m’avait contacté, on peut dire que c’était acquis puis ils ont voulu intégrer un Colombien dans l’équipe qui s’est désisté au dernier moment. Mon contrat en attente du coup n’a pas été signé. En Belgique, j’étais en contact avec l’équipe S.E.F.B, ils ont pris Yves Bonnamour et Gérard Guazzini, je suis resté sur le carreau.

Vainqueur du Tour de Corrèze devant Luc Leblanc

Veloracingnews : Comment s’est passé ta fin de carrière et ta reconversion ?

J’ai encore couru deux ans à Aubervilliers, alors équipe amateur. J’avais suivi mon épouse qui travaillait dans l’éducation nationale à Paris. Les classiques à bordures tous les dimanches n’étaient pas ma tasse de thé. J’ai commencé par être commercial pour un grossiste catalan qui est ensuite devenu mon ami. J’ai arrêté la compétition fin 1989. Puis en 2009, j’ai acquis à Cournon Auvergne, un local pour être gérant de Matériel-Vélo ; le magasin ne faisait que 140 m² contre 300 aujourd’hui.

Veloracingnews : Quelles ont été les principales avancées au niveau matériel depuis que tu es dans le cyclisme ? Et le vélo électrique ?

Pour moi la plus essentielle a été l’arrivée de la pédale automatique Look. Puis les changements de vitesses aux poignets de freins. Après les cadres en carbone qui ont fait baisser le poids des vélos en augmentant la rigidité. Pour terminer, l’aérodynamisme surtout pour les vélos de chronos.

J’ai revu ma position concernant l’arrivée du vélo électrique. Je comprends que certaines personnes avec l’âge, les problèmes de santé, pour accompagner leur fils, leur époux ont envie de l’utiliser. Même sur un vélo électrique tu fais du vélo, il faut pédaler. C’est ça le plus important, prendre du plaisir.

Vélo électrique Pinarello. La batterie parfaitement intégrée sous le tube avant du cadre. Prendre du plaisir à tout âge

 

Veloracingnews : Que penses-tu du cyclisme d’aujourd’hui ?

Il y a trop d’argent dans le cyclisme d’aujourd’hui, trop d’enjeux. Les courses se disputent en fonction des heures d’antenne sans soucis d’aucune stratégie. Un groupe, sachant qu’il n’a aucune chance de succès part devant uniquement pour montrer le maillot. Lorsqu’on sait le prix d’un spot publicitaire (aux heures de pointe 30s pour 200 000 euros), on comprend que les sponsors choisissent cette tactique.

Veloracingnews : Comme c’est la coutume, raconte-nous une anecdote pour clôturer l’interview.

Avec Didier Boutonnet, on s’amusait à imiter un coureur qui nous faisait rire par son style déplorable. J’ai pris un trou et j’ai chuté, je me suis retrouvé avec une entorse à chaque poignet.

Lors de Bordeaux-Saintes 1987, au sommet d’une bosse j’ai voulu me remettre sur le grand plateau pour faire la descente quand je me suis aperçu que j’étais déjà sur le grand plateau. J’avais monté la bosse avec, je ne sentais pas les pédales.

Vainqueur du Trophée de la Montagne Bourbonnaise

 

En vous rendant chez Matériel-Vélo à Cournon, vous avez l’assurance d’être bien conseillé par Patrick Jérémie et ses collaborateurs, car lorsqu’on a exercer ce sport à ce niveau de la compétition, le choix du matériel selon vos aptitudes physiques, sera forcément judicieux.Vous trouverez des vélos, des équipements, pour tous les types de pratique (route, VTT, loisirs, enfants, vélos électriques…) suivant votre budget. Matériel-Vélo Cournon fournit l’équipe phare de la région, le Team Pro Immo Nicolas Roux qui figure parmi les meilleurs amateurs nationaux. Une référence !

Merci à Alain Rattat pour l’essentiel du palmarès de :

JEREMIE Patrick né le 12/08/1963 à Clermont-Ferrand

Patrick Jérémie à Issoire en 1985 (photo Alain Rattat)

 

Débuts en 1977 à la FACC

Fils de André Jérémie, vainqueur du Grand Prix de Gelles en 1958.

 

1977 : minime à la FACC  (Fraternelle Amicale Cournon Le Cendre)

1er à Ambert et au Mont-Dore,

1978 : cadet à la FACC

1979 : cadet à la FACC

1er à Clermont, à Nescher et à Saint-Hilaire (03)

 

1980 – junior à la FACC

01/06 : 2ème à La Crouzille

03/08 : 2ème à Mezel

10/08 : 2ème à Chalus

21/09 : 2ème à Durtol

 

1981 – junior – Amicale Cycliste Clermontoise

12/04 : 3ème Prix des rameaux à Vicq

26/04 : 2ème Prix de Villeneuve à Ambert

01/05 : 2ème Municipalité à Romagnat

08/06 : 2ème Fête à Chamalières

14/06 : 1er Prix ville de Clermont (Jardin des plantes)

21/06 : 2ème Saint-Jean à Saint-Sauves

28/06 : 1er à Lamothe  (près Brioude)

05/07 : 1er à Saint-Hippolyte

12/07 : 1er à Creuzier-le-Vieux  (1er du chrono, 2ème du tronçon en ligne)

14/07 : 1er à Saint-Gervais d’Auvergne

02/08 : 1er à Ravel

09/08 : 1er à Saint-Bonnet d’Orcival

30/08 : 1er à Saint-Etienne-sur-Usson

06/09 : 1er à Randan

 

1982 – ACC

04/04 : 1er « Relais de Vicq » à Vicq

12/04 : 1er Violettes à Bézenet

18/04 : 1er « Petit Transporteur » à Charade

10/04 : 3ème  Prix de la Bade à Saint-Bonet-près-Riom

01/05 : 4ème Prix « Direct » à Gannat  (avec les 1ère caté)

20/05 : 2ème « commerçants et artisans » à La Combelle

31/05 : 2ème fête de la gare à Brioude

20/06 : 1er « François Péghaire » à Saint-Flour

11/07 : 6ème championnat d’Auvergne sur route (toutes catés)

14/07 : 1er à Vic-le-Comte

19/07 : 1er à Saint-Alyre d’Arlanc

24/07 : 3ème « HLM » à Langeac

01/08 : 2ème à Mezel

08/08 : 2ème à Chalus

22/08 : 4ème à Messeix  (avec les 1ère caté)

29/08 : 2ème à Saint-Etienne-sur-Usson

30/08 : 1er à Puy-Guillaume  (avec les 1ère caté)

06/09 : 3ème à Sauxillanges  (avec les 1ère caté)

12/09 : 2ème de la finale CLM du Challenge des As  (avec les 1ère caté)

6ème du classement final du Challenge des As AFER

– Sélectionné en équipe d’Auvergne pour le Tour de Dordogne, Paris-Connerré, Grand Prix de l’EQUIPE,

Grand Prix de France chrono.

 

1983 – ACC

03/04 : 4ème à Lafeline

23/05 : 3ème Grand prix d’Allègre

29/05 : 2ème Prix STOC à Ambert

04/06 : 3ème Circuit des monts du Forez

07-11/06 : sélectionné en équipe d’Auvergne pour la Route de France

10/07 : 6ème du championnat d’Auvergne sur route

13-17/07 : 18ème du Tour de l’Yonne (3ème de la 4ème étape)

21/08 : 4ème à Montsalvy

22/08 : 2ème au Vernet-la-Varenne

12/09 : 4ème Grand prix d’Issoire

18/09 : 7ème de la finale chrono du Challenges des AS – 2ème du classement général final

 

1984 –  Année blanche

 

1985 – UC Sayat

08/04 : 1er Prix des Cornards à Beaumont

20/04 : 3ème championnat du Puy-de-Dôme à Saint-Eloy

08-12/05 : 4ème Tour du Roussillon  (Equipe d’Auvergne)

16/05 : 2ème du Trophée de la montagne bourbonnaise

18-19/05 : 1er Tour de la Corrèze (2ème de la 1ère étape, 3ème du chrono)

27/05 : 3ème à Vertaizon

14/07 : 1er Nocturne de Brioude

22/07 : 3ème à Bergonne

29/07 : 1er à Celles-sur-Durolle

24/08 : 1er à Saint-Amand-Roche-Savine

25/08 : 3ème à Saint-Julien-Puy-Lavèze

31/08 : 1er à Domérat

09/09 : 1er Grand Prix d’Issoire

16/09 : 1er à Saint-Bonnet-près-Riom

 

1986 – UC Sayat

22/03 : 1er Circuit de la vallée du Bédat

30/03 : 4ème championnat du Puy-de-Dôme à Sauxillanges

31/03 : 4ème Prix des Cornards à Beaumont

03-05/04 : 1er du Circuit Berrichon

07/04 : 6ème du Circuit Boussaquin

12/04 : 6ème Tour du canton de Dun-le-Palestel

08/06 : 1er championnat d’Auvergne sur route

26/07 : 5ème Tour du canton de Gentioux

27/07 : 4ème du « Georges Pompidou » à Montboudif

06/08 : 6ème du Bol d’Or des amateurs

16/08 : 3ème Nocturne de Pleaux

24/08 : 4ème à Châtel-Guyon

25/08 : 2ème de la Saint-Cézaire à Maurs

30/08 : 1er à Domérat

08/09 : 4ème des Boucles d’Allassac

15/09 : 1er Grand Prix d’Issoire

Lauréat de la Coupe de l’Amicale des Auvergnats du Tour

 

1987   – ASPTT Aix-en-Provence

15/02 : 4ème du Prix du Crédit Lyonnais à La Garde  (83)

28/03 : 1er de Bordeaux-Saintes

20/04 : 4ème Prix des Cornards à Beaumont

01/05 : 2ème Prix du travail à Brassac

10/05 : 3ème de Tarbes-Sauveterre

07/06 : 5ème championnat de Provence

13/06 : 5ème du Prix André Craveri à La Ciotat

14/06 : 12ème des Boucles de Roquevaire

28/06 : 4ème du championnat de France des amateurs  (1er : Gérard Guazzini)

04/07 : 1er Prix de la fête à Cébazat

06/07 : 4ème à Langeac

13/07 : 2ème Prix de la ville du Puy

14/07 : 3ème Circuit des deux ponts à Montluçon

26/07 : 3ème  du « Georges Pompidou »  à Montboudif

31/07 : 5ème de la nocturne de Salon-de-Provence

05/08 : 9ème du Bol d’Or des amateurs

14/08 : 3ème Nocturne de Pleaux

06/09 : 1er Grand Prix Rustines à La Chartre-sur-le-Loir

14/09 : 3ème Grand Prix d’Issoire

 

1988 – CM Aubervilliers

04/07 : 4ème Grand Prix de Langeac

10/08 : 3ème nocturne ville de Cahors

 

 

1989 – CM Aubervilliers

04/05 : 1er Trophée de la Montagne Bourbonnaise

21/05 : 7ème de Paris-Mantes-la-Jolie

19/07 : 1er Nocturne de la Madeleine à Mont-de-Marsan

08/08 : 4ème du Grand Prix de Puy-l’Evêque

19/08 : 1er à La Bourboule

 

Patrick Bulidon : « J’ai vendu les bretelles à Robic aux enchères ! »

Interview Patrick Dorckel – Palmares Alain Rattat (Veloquercy)

Vainqueur en 1971 d’une course Interclub devant Jean-Michel Noël (arrivée à Montferrand)

http://www.vcca.fr/

Difficile d’interviewer Patrick Bulidon, tant sa mémoire est chargée de souvenirs ! Une question débouche sur une anecdote qui en fait naître une nouvelle, c’est le principe des poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres. Allez tracer un fil conducteur bien structuré dans le temps après cela ! Ce n’est pas un livre, ni un dictionnaire mais une encyclopédie avec des entrées par thèmes qu’il faudrait écrire. Coureur, organisateur, Président de Comité, speaker, manager… ce sont les quelques casquettes qu’il a coiffé que nous aborderons au cours de cet entretien, tellement réducteur. Impliqué dans de nombreuses équipes auvergnates qui ont fait vibrer le cyclisme local, il est aujourd’hui manager du Team Pro Immo Nicolas Roux, l’une des meilleures formations nationales de DN1. A l’orée de la saison 2018, il se livre à Veloracingnews.

Veloracingnews : On ne peut aborder cette interview sans parler de ton père Lucien Bulidon ?

 

Mon père est né le 22 mai 1920 au lieu de Marspuis (63). Il pratique le football, le basket, le cross-country à l’ASM et fait partie de l’équipe Championne de France Juniors. En 1943 il enlève le Grand Prix de Chamalières avant d’être déporté en Allemagne pour le « Service de Travail Obligatoire ». Il reprend la compétition en 45 et brille avec une 4e place à la Classique Paris-Clermont-Fd en 1950 (Vainqueur Raoul Remy, 402 km en 11h 18’). C’était l’épreuve phare de l’époque avec les professionnels. La course traversait Clermont devant deux rangées de spectateurs. Il a remporté une vingtaine de courses sur la route avec une multitude de places d’honneur.

Sa discipline de prédilection était le cyclo-cross, on courait beaucoup dans les labours à l’époque. Mais il a toujours buté sur plus rapide à l’arrivée du Championnat d’Auvergne. Il a mis un terme à sa carrière en 1962. Toute discipline confondue, il totalise une quarantaine de victoire (voir son palmarès à la fin de l’interview).

 

Prix de la Gare 1946 – Raphaël Géminiani en tête, à sa gauche Lucien Bulidon

Veloracingnews : Comment es-tu arrivé dans le vélo ?

Au départ, je pratiquais le basket à l’AL St Jacques ; ma grande taille en cadets me prédisposait à ce sport. Nous avons été finalistes de la Coupe de France (cadets), j’ai été sélectionné en équipe d’Auvergne espoirs en 1966. Pendant les vacances scolaires, je souhaitais me faire un peu d’argent de poche, alors j’ai travaillé comme livreur à Murol, au pied des Monts du Sancy, chez un boucher. Doté d’un vieux clou, j’allais livrer les paquets chez les clients. Et autour de Murol, ce n’est pas plat ! J’ai fait quelques sorties avec mon père qui me trouvait bon grimpeur. Donc, avec l’argent gagné, je souhaitais m’acheter un beau vélo de course. Nous sommes allés avenue Charras chez Robert Latru, un ancien coursier, où j’ai fait l’acquisition d’un splendide Mercier.

 

Patrick & Lucien Bulidon

Veloracingnews : Quand prends-tu ta 1ère licence ?

Ma première licence date de 1965 en cadets 2e année à l’Amicale Cycliste Clermontoise. Je jouais au basket l’hiver, je faisais du vélo l’été. Il n’y avait pas beaucoup de grands à l’époque comme pivots. En vélo, je tombais souvent comme beaucoup de débutants, ma tante, infirmière me voyait arriver tous les dimanches soirs pour soigner mes plaies. A l’époque on se déplaçait très peu. Les dirigeants avaient créé un challenge par points, la « Coupe Raphaël Géminiani », réservée aux jeunes, que nous disputions le dimanche matin.

 

Les cadets de l’Amicale Cycliste Clermontoise 1965 – Patrick Bulidon au centre

Veloracingnews : Pas facile de jouer sur deux tableaux ?

Il a fallu faire un choix. En 1966, la semaine avant l’épreuve régionale du 1er Pas Dunlop à Montluçon, je chute à Issoire au lieu de disputer un match important. Je remporte néanmoins le titre de Champion d’Auvergne Juniors et me qualifie pour la finale, disputée à Montluçon. (Le 1er Pas Dunlop deviendra le Championnat de France Juniors en 1974). A la différence près que l’arrivée ne se déroulait pas en côte mais sur le plat. En 1943, Raphaël Géminiani avait remporté l’épreuve, une référence pour les Auvergnats. Je dois terminer 19e sprint car le 20e avait perdu les pédales. Mais j’ai opté pour le cyclisme.

Veloracingnews : Tu te fais remarquer en cyclo-cross !

 

Patrick devant deux professionnels Bernard Guyot et “Popof” Graczyck

J’ai remporté quatre fois le titre de Champion d’Auvergne juniors de cyclo-cross (il n’y avait pas encore de catégorie espoirs) en remportant le titre toute catégorie malgré mon jeune âge. J’ai terminé 3e du Championnat de France militaire derrière Jean-Michel Richeux (double champion de France chez les pros) et Jean-Louis Danguillaume mais devant Daniel Leveau, l’homme aux 862 victoires ! Chaque fois que l’on se voyait, je le chambrais un peu mais son fils Mickaël a porté les couleurs de Besson Chaussures. Je faisais l’armée à Clermont-fd, je conduisait la femme d’un général ce qui me laissait le temps de m’entraîner entre midi et deux. Lors d’une course à St Hippolyte (63), j’ai abandonné alors que j’étais seul en tête ; le chroniqueur de La Montagne ne comprenait pas pourquoi. En fait pendant mes classes, je n’avais pas le droit de courir. Mais ça n’a pas échappé à mon commandant de compagnie… Les journalistes insistaient : « Ah, si Bulidon, voulait être sérieux ». Mais j’ai toujours considéré le vélo comme un amusement.

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Yvon Verne, l’ Ambertois : “J’aimais les critériums parce que c’était la castagne”

Interview Patrick Dorckel – Photos archives Yvon Verne
ci-dessus : Yvon Verne s’impose à Romagnat

https://www.materiel-velo.com/

 

 

Yvon Verne a été l’un des coureurs les plus titrés des années 60/70 en Auvergne. Doté d’une très bonne pointe de vitesse, il a écumé les critériums toutes catégories de la région. Son interview retrace son parcours et l’ambiance des courses de cette génération de compétiteurs. Une carrière bien remplie qui s’étale de 1961 à 1975.

Veloracingnews : Yvon, présente-toi à nos lecteurs.

Je suis né le 12 mars 1944 à Dore-l’Eglise. J’ai commencé le vélo en 1961. Mes différents clubs ont été : UC Le Puy, l’Amicale Cycliste Clermontoise, le VC Ambertois, le VC Feurs, l’UC Aurillac, l’ ASPTT, Sayat.

Veloracingnews : Qui t’as transmis la passion ?

Mon grand-père m’emmenait voir les courses, c’est sûrement le point de départ. J’ai le souvenir d’avoir vu Benoît Faure dit La Souris (pro de 1925 à 1951 ; 8e du Tour de France). Mon premier vélo était un Robust que je me suis acheté à crédit. Après avoir versé la moitié du prix de mon achat, lorsque j’ai voulu payer la première traite au marchand de cycle, mon père avait réglé ce que je devais. 

 

Yvon Verne vainqueur à Bort-les-Orgues

Veloracingnews : Quelle était ta profession ?

Mon métier c’était coiffeur ensuite je suis entré à La Poste comme préposé ce que j’ai fait durant toute mon activité. Mon champ d’action s’était élargi ; je ne tournais plus autour d’un fauteuil mais autour du village. Embauché dans la région parisienne à Créteil, je ne m’y faisais pas, j’attendais ma mutation avec impatience. J’ai bien essayé de courir mais je ne mettais pas un pied devant l’autre. Le moral était au plus bas, d’ailleurs je suis rentré chez moi et heureusement j’ai été muté la même semaine à La Selle (sic) dans la vallée de Mandailles (15).

Prix de la Duchère – Yvon Verne à gauche avec Chavy et Germain

Veloracingnews : Comment se déroulent tes débuts ?

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Mariano Martinez : « La veille d’un critérium, je couchais dans ma voiture ! »

Interview Patrick Dorckel – Photos archives Mariano Martinez

Mariano Martinez avec son fils Yannick à Lurcy-Lévis

http://www.equip-foret.fr/

Mariano Martinez a été un coureur hors du commun. C’est un livre qu’il faudrait écrire pour relater sa carrière atypique. Il a traversé le cyclisme en côtoyant des générations de coureurs.Vainqueur de deux étapes dans le Tour, Maillot à Pois en 1978, il a brillé dans les courses à étapes difficiles, propices à ses talents de grimpeur. Professionnel pendant onze saisons, il a poursuivi sa carrière chez les amateurs jusqu’à 53 ans ! Miguel et Yannick, ses enfants, ont suivi les pas de leur père. Rencontré récemment à Lurcy-Lévis lors d’une réunion sur piste, Mariano a accepté de retracé son parcours pour Véloracingnews.
Véloracingnews : Tu es né à Burgos (Espagne) le 20 septembre 1948, à quel âge es-tu arrivé en France ?
Mon père était venu en France une première fois, comme moi, à l’âge de 5 ans. A 14 ans, en 36 il est monté à Paris en vélo pour rejoindre des partisans qui allaient combattre le franquisme. Il a été blessé pendant le conflit et, comble de l’ironie, il a épousé une femme qui penchait vers l’autre bord. En 1953, mes parents ont quitté l’Espagne pour venir s’installer à Saint-Ouen-Sur-Loire dans la Nièvre. Au début ouvrier agricole, il a travaillé aux aciéries d’Imphy. J’allais à l’école avec des petits Polonais, nous ne parlions pas un mot de Français.
Véloracingnews : Quand as-tu commencé le cyclisme ? Qu’est-ce qui t’as guidé vers ce sport ?
Avec Martin, mon frère, nous allions au bar du village voir les actualités à la télévision qui résumaient l’étape du jour du Tour de France. Notre idole était Federico Bahamontes vainqueur du Tour 1959. J’ai débuté le vélo en 1963. Je courais avec un vélo que nous avions trouvé dans une déchetterie dont nous avons repeint le cadre. Ma première saison, j’ai terminé mes 10 courses effectuées dans les dix premiers, mais sans victoire. Je ne m’entraînais pas. Je roulais à vélo pour me déplacer ou aller à la pêche.

 

Mariano au 2e rang-Equipe Gitane 1975

Véloracingnews : Parle-nous de tes premières victoires.
J’ai remporté ma première victoire à Varennes-Vauzelles (58) malgré une chute. Comme j’étais Espagnol, on m’avait catalogué comme grimpeur, j’attaquais à tour de bras sans aucune stratégie, alors que j’ai aussi remporté des courses au sprint. J’ai gagné 12 courses lors de ma première année de juniors dont le 1er Pas Dunlop à Montpellier (Championnat de France) et 14 en juniors 2 qui correspondait aux 3e catégories.
Véloracingnews : Quels ont été tes clubs en amateurs ?

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Auguste Anzur : « Une chèvre a mangé mon bouquet… »

Interview Patrick Dorckel – Palmarès Alain Rattat – Photos archives Auguste Anzur

ci-dessus Auguste Anzur vainqueur à Chamalières (63) en 1967

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http://issoire.cyclisme.competition.over-blog.com/

Avec un beau palmarès en Auvergne, l’interview d’Auguste Anzur est riche par son témoignage concernant le bassin minier de la région de La Combelle (63) et Brassac-les-Mines dans les années 1950 à 1970. Là un formidable creuset de champions, tant cyclistes que footballeurs animaient les week-ends sportifs. La passion du cyclisme et la pratique de la compétition très personnelle qu’Auguste Anzur s’était imposée révèle un homme au grand cœur qui a débuté sa carrière en 1953 pour la terminer en 1976.
Veloracingnews : Auguste, d’où es-tu originaire ?
Ma famille venait de Ljubljana, l’ancienne Yougoslavie, la Slovénie d’aujourd’hui pour travailler dans les mines de charbon. Pour ma part je suis né à La Combelle le 14 août 1937. Louis Kosec un autre coureur originaire de Yougoslavie, plus âgé que moi, vivait aussi à La Combelle. Il était l’idole de ma jeunesse. Son père est mort à la mine. Le mien est décédé de la silicose. Vingt nations différentes se côtoyaient, c’était déjà l’Europe. Il y avait une solidarité remarquable entre les familles. Tout le monde faisait un jardin, on s’échangeait des plants, il y avait des volières, des élevages de lapin. Il y avait une grosse émulation entre les Polonais, Portugais, Espagnols, Italiens… C’était à celui qui avait le plus beau jardin. Personne n’a souffert de la faim même pendant la guerre. Une famille préparait un plat, il y en avait pour le voisin.
Pour les mineurs, les seuls moyens de distraction c’était le sport. Mais c’est venu tout doucement. Pour les anciens, les mineurs-paysans, il n’y avait que le travail qui comptait. A la Combelle, c’était d’abord le foot puis ensuite le vélo. En foot on a sorti une équipe complète de professionnels : Emile Antonio (Vainqueur de la Coupe de France 1954 avec l’OGC Nice), René Domingo, junior à La Combelle et capitaine des verts à St Etienne, Maryan Paszko, gardien de but à l’ASSEtienne, les frères Tylinski (ASSE)… Pour un match de La Combelle, il y avait plus de 1000 spectateurs.

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CHRISTIAN NERI : « JE DÉBUTAIS LA SAISON AVEC 800 KM »

Article Patrick Dorckel – Photos archives Christian Néri

ci-dessus Christian Néri triomphe au cyclo-cross de Royat (63)

 

 Christian Néri sous le maillot de l’Amicale Cyclyste Clermontoise 

La famille Néri a marqué l’histoire du cyclisme auvergnat. Jo, le père a disputé le Tour de France en 1947, Alain et Christian ont sillonné les routes régionales en se distinguant comme deux bons coureurs de 1e catégorie. Christian retrace ici l’ambiance des années 70 et nous rappelle les grandes figures du peloton de ces années-là.

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Roland Hiret : « En vélo, la classe ne suffit pas ! »…

Interview Patrick Dorckel – photos archives Roland Hiret

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Roland Hiret sous les couleurs de l’Union Cycliste Montferrandaise

 

Creaxia

Adresse : 34 Avenue du Maréchal Leclerc, 63110 Beaumont
http://www.creaxia63.fr/

Veloracingnews : Peux-tu te présenter à nos lecteurs ? 

Je suis né le 17 décembre 1951 à Clermont Fd. Mon père qui avait couru, nous emmenait les week-ends, mon frère et moi, voir les courses régionales. C’est de là qu’est parti ma passion pour ce sport. Mon frère, Yves était doué mais à l’adolescence il a eu des problèmes de santé, ce qui l’a empêché de faire de la compétition. Quant à moi il y avait un coureur que j’adorais voir courir : Georges Extrat, un très bon champion régional et aussi Noël Geneste. Je peux dire que j’ai eu deux idoles dans ma vie de cycliste : Georges Extrat et Eddy Merckx. Alors à neuf ans j’ai commencé à fréquenter l’école de vélo de l’Union Cycliste Montferrandaise.

Veloracingnews : Les bons résultats ont-ils été immédiats ?

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Antoine Martinez – Un beau palmarès des années 50 !

Article Patrick Dorckel – Palmarès Alain Rattat (Véloquercy)

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La famille du coureur « Auvergnat », Antoine Martinez, a eu l’amabilité de fournir des documents à Véloracingnews pour sa rubrique « Flashback » qui retrace la carrière d’anciens champions dont le souvenir ne doit pas disparaître. C’est l’occasion avec Alain Rattat, l’archiviste du cyclisme auvergnat, de retracer le parcours de cette gloire locale très populaire dans les courses locales d’après-guerre.

Antoine Martinez est né le 03 janvier 1930 à Bédar, Province d’Alméria en Andalousie. Sa famille vient s’installer à Romagnat (63), après la guerre civile qui a dévasté l’Espagne. Dans cette grosse bourgade de 1200 habitants en 1947, la communauté espagnole est fournie. Après le conflit mondial, le développement industriel de la France a besoin de bras et nombres d’espagnols sont employés dans les fours à chaux, chez Michelin ou comme agriculteurs.

Creaxia

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Jean-Claude Theillière : ” J’ai deux regrets dans ma carrière !”

Article Patrick Dorckel

Photos archives Jean-Claude Theillière

ci-dessus Jean-Claude Theillière vainqueur à Annecy aux Six Provinces

Creaxia

Adresse : 34 Avenue du Maréchal Leclerc, 63110 Beaumont
Il y aura cinquante ans que Jean-Claude Theillière a remporté le Championnat de France de Cyclisme Professionnels. A ce jour deux Auvergnats ont porté le maillot tricolore : Raphaël Géminiani en 1953 et Jean-Claude Theillière en 1966. Joint par téléphone ce matin, il espère que sa succession est proche. Romain Bardet, Florian Vachon et Julian Alaphilippe (Auvergnat d’adoption demeurant à Désertines (03) et licencié au VCCournon Auvergne) semblent les mieux armés pour remporter le titre. Mais Jean-Claude craint un marquage Bardet-Pinot qui pourrait profiter à Tony Gallopin, Warren Barguil ou Bryan Coquard.
A cette occasion, véloracingnews publie l’ interview qu’il nous avait accordé il y a 4 ans et qui retrace sa carrière.

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RAPHAËL VALLAS : «  Je suis arrivé trop tard dans le vélo ! »

Interview Patrick Dorckel. Photos archives Bernard Vallas et Patrick Dorckel

ci-dessus Raphaël Vallas vainqueur à Beaumont devant Ljungqvist et Rittsel

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Raphaël Vallas 

C’est avec plaisir que nous retrouvons une interview de Raphaël Vallas parue sur notre ancien site avec de nouvelles photos. Un petit gabarit doté d’un gros moteur. Son père Bernard est toujours fidèle au poste sur les courses auvergnates…

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